Mardi 9 mars 2010
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A vrai dire, ce n’est pas vraiment un mode d’emploi qui vous est proposé ici, mais plutôt des témoignages de grands patrons, conscients de l’importance grandissante de l’équilibre vie
professionnelle et vie de famille pour la réussite de leur carrière.
Hier, à l’occasion de la sortie du livre en fin de semaine aux éditions du cherche midi « Patrons papas : paroles de dix dirigeants sur l’équilibre entre travail et vie privée », l’orse, observatoire sur les responsabilités sociétales des
entreprises, auteur de l’ouvrage, sous la plume de François Fatoux, Marlie Gaillard et Hélène Roque recevait pour un débat conférence, 3 des 10 patrons interrogés :
Christian Nibourel : president d’Accenture France
Stéphane Richard : DG de France Telecom
Pierre Fonlupt : Président du groupe Plus,et président de la Commission Entreprises au Medef

et 3 femmes (parité oblige) et non des moindres :
Brigitte Grésy, auteur du rapport préparatoire à la concertation avec les partenaires sociaux sur l’égalité. Elle a également publié un « petit traité contre le sexisme ordinaire »
plein d’humour.
Véronique Morali : Présidente de Fimalac développement et conceptrice du site Terrafemina.com
Agnès Touraine : Présidente d’Act3 Consultants.
Ce livre se penche de manière innovante sur la manière dont ces patrons envisagent la parentalité et la parité au sein de l’entreprise. Et leur témoignage est d’autant plus intéressant.que jusqu’à présent, on entendait très peu les hommes sur le
sujet de la conciliation vie pro/vie privée, comme si chacun restait prisonnier des vieux clichés traditionnels qui veulent que papa travaille et
trime dur pendant que maman récure et élève les enfants.
Or, pour une fois les hommes ici s’expriment sur leur propre expérience de patron, témoignant de l’importance de prendre du temps avec leur famille, de
savoir lâcher prise avec leur entreprise, et d’aménager des séparations entre les deux. Tous s’accordent à dire que sans cet équilibre familial -permis grâce à des concessions de part et d’autre du
couple- ils n’occuperaient sans doute pas leur poste actuel, ou du moins bien plus égratignés par la pression et le stress.
Tous évoquent également la responsabilité des patrons et des entreprises dans le maintien des clichés, et donc également dans leur rôle de meneurs pour
faire évoluer les dispositifs internes facilitant l’ascension des femmes à des postes clefs. Car même si l’on est aujourd’hui dans des schémas plus modernes de répartition des rôles dans
l’entreprise et au sein de la famille, à une émergence des femmes dans le monde économique ou politique, bien des idées tenaces demeurent. Dont,
notamment la certitude pour certains cadres,selon Christian Nabourel, Président d’Accenture France, que prendre son congé de paternité est dégradant pour son image de marque..
C’est donc bien dans les mentalités que le progrès doit se prévaloir. Changer les vieilles images reçues dès l’enfance, à l’école entre autre, et qui fixent pour l’avenir les statuts féminins et
masculins.
Cette prise de conscience en effervescence depuis quelques années, mais peu suivie de faits, commence à porter ses fruits tout de même. Ainsi l’Assemblée
parlementaire du Conseil de l’Europe a adopté en novembre 2008 une recommandation visant à « impliquer les hommes pour réussir l’égalité
entre les femmes et les hommes ». Une recommandation..rien de plus..un petit pas en avant..mais c’est un début.
D’autres mesures ont été prises récemment dont les quotas de parité en politique…quotas contre qui tout le monde se dresse au nom d'un choix imposé et
plus quantitatif que réfléchi....mais quota qui permet tout de même, comme en Norvège, de placer des femmes à des postes déterminants et de prouver qu’elles en sont capables.(si certains en
doutaient encore..)
Autre mesure à l’initiative de Brigitte Grésy, l’augmentation des effectifs des femmes dans les conseils d’administration passant de 9% seulement à 40% d’ici à 6 ans par décret de l’Assemblée
Nationale en janvier 2010, pour les sociétés cotées en bourse et pour les organismes du secteur public.
Mais ces mesures incitatives ne règlent qu’en partie le problème de parité. A tel point que 70% des femmes cadres avouent
ne pas avoir confiance en leur évolution de carrière au sein de leur entreprise, toujours selon Brigitte Grésy et que les écarts de salaires des femmes
cadres par rapport aux hommes est toujours de 15%.

Alors, en quoi ces patrons papas sont ils susceptibles de faire changer les choses ?
En se posant, comme ils le disent, en exemple auprès de leurs salariés et en mettant en œuvre des dispositifs en interne facilitant l’émergence des
femmes et la possibilité également pour les hommes de lever le pied momentanément sans que cela passe pour de la désertion ou un manque de virilité !
L’entreprise a été « conçue par des hommes et pour des hommes », elle doit donc évoluer en son sein grâce aux hommes, et avec les femmes..Les critères
d’évaluation des femmes – vus à travers un prisme masculin – doivent être revus, et étalés dans le temps. Cela donnera de la souplesse aux
carrières féminines, dont le déroulé n’est pas linéaire comme les hommes, puisque interrompues par leurs grossesses.

Les patrons témoins dans ce livre nous livrent leurs recettes managériales permettant d’agir sur de nouveaux modes de fonctionnement avec leur DRH. Des
modèles qui prennent en compte le rôle de parents des salariés, visent pour certains, à faciliter les prises de congé parentaux, des aménagements d’horaires, des évolutions de carrière moins
pénalisantes pour les femmes. Une évolution qui prendra ses racines dans la nouvelle génération de cadres dirigeants, plus portés que leurs pairs plus
âgés, sur la recherche d’un équilibre de vie, plus attachés aux valeurs de la famille et de la présence du père.
Alors..coup de pub..ou réel intérêt pour une meilleure conciliation vie pro / vie privée ? pour la cause féminine ? pour un considération plus grande de la parentalité de couple dans la
sphère économique ? les mois et les années qui viennent nous le diront..
Par sansinette
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Publié dans : vie pro/vie privée
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